Un changement de logement peut répondre à un besoin de sécurité, à une perte de mobilité ou au souhait de se rapprocher de sa famille. Pour un proche âgé, il ne s’agit pourtant pas seulement de transporter des meubles : quitter un lieu habité pendant des années peut bouleverser des habitudes, réveiller des souvenirs et susciter la crainte de perdre ses repères. Une préparation progressive donne à la personne le temps de comprendre les options, de participer aux décisions et de se familiariser avec son futur cadre de vie.
La démarche commence par une conversation, puis s’appuie sur une évaluation concrète des besoins : accès au logement, état de santé, voisinage, budget et présence des proches. Le maintien de l’autonomie reste un fil conducteur, qu’il passe par l’adaptation du domicile actuel ou par un déménagement vers un logement plus sûr. En avançant étape par étape, la famille peut organiser le tri des affaires, les démarches et le transport sans réduire la personne à ses difficultés. L’accompagnement familial et, si nécessaire, l’aide de professionnels permettent de faire de cette transition un projet partagé, plutôt qu’une décision imposée.
En bref
- Écouter les souhaits de la personne avant de choisir une solution résidentielle.
- Évaluer les besoins avec le médecin et les services locaux, sans attendre une situation d’urgence.
- Préparer progressivement le changement, notamment la visite du logement, les démarches et le tri des affaires.
- Protéger les objets familiers et organiser les cartons essentiels pour le jour du transport.
- Prévoir un suivi après l’installation pour favoriser l’adaptation au nouveau logement et le bien-être des personnes âgées.
Comprendre ce qui rend un changement de logement difficile pour un proche âgé
Un déménagement est souvent une étape chargée d’émotions, surtout lorsque la personne a vécu longtemps dans le même lieu. Une maison peut contenir les traces d’une vie entière : la marque des enfants sur un chambranle, les photos de fêtes familiales, un fauteuil transmis par un parent ou les habitudes liées au jardin. À ses yeux, ces éléments ne sont pas de simples objets à emballer. Ils racontent une histoire et contribuent au sentiment de continuité.
La difficulté peut s’intensifier lorsque le départ est lié à une chute, à une hospitalisation ou à l’aggravation d’un problème de santé. La personne peut avoir l’impression que la décision lui échappe, ou craindre que le déménagement annonce une perte d’indépendance. Même si les proches pensent agir pour sa sécurité, une annonce précipitée risque de provoquer de la résistance. Il est donc utile de présenter les raisons avec des faits concrets et de laisser place aux questions, aux hésitations et aux émotions.
Ouvrir la conversation sans décider à sa place
Choisir un moment calme permet d’aborder le sujet sans mettre la personne au pied du mur. On peut partir d’une difficulté observable : « Les escaliers semblent plus pénibles ces derniers temps, qu’est-ce qui vous aiderait au quotidien ? » Cette formulation ouvre un échange, contrairement à une injonction comme « Il faut déménager ». Le but est de comprendre ce que le parent souhaite préserver — proximité des commerces, jardin, visites des petits-enfants — et ce qui lui pose problème.
Un fil conducteur peut aider la famille à garder le cap : imaginons Madeleine, qui habite depuis trente ans un pavillon avec un étage. Sa fille remarque qu’elle évite de monter dans sa chambre après une chute sans gravité. Plutôt que de fixer immédiatement une date de départ, elles discutent d’abord des solutions : chambre au rez-de-chaussée, aménagement des escaliers, appartement accessible près de la famille ou résidence autonomie. Cette comparaison transforme une inquiétude diffuse en choix discutables et vérifiables.
Repérer les changements de besoins et respecter le rythme
La perte d’autonomie peut s’installer lentement ou survenir après un accident. Des oublis de médicaments, une perte de poids, des chutes, une fatigue inhabituelle, une difficulté à préparer les repas ou un logement moins entretenu peuvent signaler qu’un soutien supplémentaire est nécessaire. Aucun signe isolé ne permet de conclure à lui seul qu’un déménagement s’impose, mais leur accumulation justifie une discussion avec le médecin traitant.
Une évaluation de l’autonomie, notamment à l’aide de la grille AGGIR par les professionnels concernés, peut éclairer les besoins et l’accès à certaines aides, dont l’APA sous conditions. Le médecin, le CCAS, le conseil départemental ou un point d’information local pour les personnes âgées peuvent orienter la famille. L’objectif n’est pas d’obtenir une étiquette, mais de comprendre les gestes difficiles et les soutiens qui permettraient de sécuriser le quotidien. Une décision mieux comprise est plus facile à accepter.
Donner une place réelle aux souvenirs
Le tri des affaires gagne à être mené avec la personne, et non à sa place. Un objet qui semble encombrant à un proche peut représenter un souvenir majeur pour son propriétaire. Au lieu de demander de tout réduire en une journée, on peut examiner une pièce à la fois, raconter l’origine des objets et convenir ensemble de leur destination.
Certains meubles suivront dans le nouveau lieu, d’autres pourront être confiés à la famille, donnés ou conservés temporairement. Pour un objet dont le sort divise les proches, il est utile d’expliquer les contraintes de place et de rechercher une solution qui respecte sa valeur affective. Cette attention rappelle que le projet porte sur une personne et son histoire, pas seulement sur un volume à transporter. La première étape d’un déménagement senior réussi est donc une décision construite avec le principal intéressé.

Planifier progressivement le déménagement et évaluer les solutions de logement
Une préparation progressive évite que toutes les décisions s’accumulent dans les derniers jours. Selon l’urgence médicale et les disponibilités, la famille peut commencer plusieurs semaines, voire plusieurs mois avant le départ. Un calendrier simple permet de distinguer les tâches urgentes des étapes qui demandent davantage de réflexion : évaluer les besoins, visiter des lieux, vérifier les aides, choisir les affaires à emporter et organiser le transport.
Cette anticipation est particulièrement importante lorsque plusieurs personnes interviennent. Un proche peut contacter les services locaux, un autre accompagner les visites, tandis que la personne concernée conserve la main sur ses préférences. Il est préférable de noter les décisions et les questions en suspens, sans faire de promesses avant d’avoir confirmé les coûts, les délais ou les conditions d’admission. Le projet devient alors plus lisible pour tous.
Comparer les options selon la vie quotidienne
Le maintien à domicile peut rester envisageable si les risques sont maîtrisés et si les services nécessaires sont accessibles. Une aide à domicile, des soins infirmiers, le portage de repas, la téléassistance ou l’accompagnement aux rendez-vous peuvent compléter l’organisation familiale. L’adaptation du logement — éclairage renforcé, barres d’appui, douche sécurisée ou suppression d’obstacles — peut aussi améliorer la sécurité. Des dispositifs de financement existent selon la situation et les critères applicables ; il convient de vérifier les démarches auprès des organismes concernés, notamment l’Anah, les collectivités ou les caisses de retraite.
Si vivre seul devient trop isolant ou difficile, d’autres formes d’habitat méritent d’être examinées. Les résidences autonomie proposent un logement privatif et des espaces communs, généralement pour des personnes encore relativement autonomes. L’habitat partagé ou la colocation senior peuvent apporter une présence quotidienne et des liens sociaux, avec un accompagnement modulable selon les projets. Un établissement médicalisé répond à des besoins plus importants de soins et d’assistance. Aucun modèle n’est automatiquement le meilleur : le choix dépend de l’état de santé, des souhaits, du budget et des services réellement disponibles.
Visiter le logement avec des critères précis
La visite du logement ne doit pas se limiter à une impression générale. Il faut regarder le trajet depuis l’entrée, la présence d’un ascenseur, la largeur des portes, l’accès à la salle d’eau, les seuils, l’éclairage et la disposition possible des meubles. Il est également utile d’évaluer la proximité des commerces, des transports, des professionnels de santé et des proches. Une visite à un moment différent de la journée peut révéler le bruit, l’éclairage naturel ou l’activité du quartier.
Pour Madeleine, un appartement situé près de sa fille paraît d’abord idéal. La visite montre toutefois que la salle de bain est étroite et que l’arrêt de bus est éloigné. Ces détails conduisent la famille à comparer un second logement, plus accessible et proche d’un petit commerce. On peut prendre des mesures, photographier les pièces avec l’accord des occupants et dessiner un plan pour vérifier quels meubles pourront suivre. Une démarche concrète prévient les mauvaises surprises et aide à imaginer la vie quotidienne sur place.
Anticiper les aides, les démarches et les frais
Le coût total ne se résume pas au transport. Il peut inclure le dépôt de garantie, les frais d’installation, des aménagements, les services d’aide ou le stockage temporaire. L’APA peut contribuer à financer un plan d’aide pour une personne éligible, tandis que certaines aides au logement, aides locales, soutiens des caisses de retraite ou avantages fiscaux peuvent être étudiés selon le profil. Les règles et les montants dépendent de la situation : un interlocuteur social peut aider à vérifier les possibilités et les conditions de cumul.
Les aidants doivent aussi intégrer leurs propres limites. Le congé de proche aidant et les solutions de répit peuvent apporter du soutien dans certains cas. Il est préférable de répartir les tâches et de demander conseil avant l’épuisement, plutôt que de faire reposer toute l’organisation sur une seule personne. Comparer les solutions assez tôt permet de décider avec davantage de recul, sans transformer le budget ou la fatigue familiale en urgence cachée.
| Option envisagée | À vérifier pendant la préparation | Question utile |
|---|---|---|
| Maintien à domicile aménagé | Accès, travaux, services et sécurité | Les aides nécessaires sont-elles disponibles aux bons horaires ? |
| Résidence autonomie | Autonomie requise, services et proximité | Le cadre correspond-il aux habitudes et au budget ? |
| Habitat partagé | Présence, accompagnement et vie collective | La personne apprécie-t-elle ce mode de vie ? |
| Établissement médicalisé | Besoins de soins, admission et coût | Le niveau d’accompagnement répond-il aux besoins actuels ? |
Pour éviter une rupture entre deux adresses, il peut être utile de se renseigner sur les solutions lorsque le logement précédent doit être quitté avant que le suivant soit disponible. Une ressource pratique explique les options liées au décalage entre la remise des clés et le départ. Le calendrier doit rester réaliste : mieux vaut clarifier les dates et les solutions de transition avant de confirmer le transport.
Organiser le tri des affaires, les cartons et la logistique du transport
Lorsque le futur logement est choisi, la préparation matérielle peut commencer sans transformer la maison en chantier. Le tri des affaires est plus facile par petites séances, avec une durée adaptée à l’énergie de la personne. On peut commencer par les objets peu utilisés, puis aborder les meubles et les affaires auxquelles sont attachés des souvenirs. Chaque séance se termine par une décision claire, afin de ne pas déplacer les objets d’une pièce à l’autre sans savoir ce qu’ils deviennent.
Une méthode simple consiste à distinguer les affaires qui partent, celles que la famille souhaite récupérer, celles qui peuvent être données, celles à stocker et celles dont on peut se séparer. Cette répartition n’est pas une obligation de jeter : le stockage provisoire peut laisser du temps pour décider. Il est aussi utile de photographier un meuble ou un ensemble trop volumineux pour le nouveau domicile. Les images peuvent aider à garder une trace et à partager son histoire avec la famille.
Préserver les objets qui créent des repères
Dans un logement plus petit, chaque objet doit parfois être choisi avec soin. Pourtant, une sélection réfléchie de souvenirs peut rendre l’espace familier : quelques photos, un fauteuil apprécié, une lampe, des livres ou un petit meuble. L’intérêt n’est pas de reproduire à l’identique l’ancien domicile, mais de conserver des repères immédiatement reconnaissables. On peut décider ensemble de la place de ces objets avant le transport, plutôt que de les laisser au fond d’un carton.
Pour un meuble qui ne rentre pas dans le nouveau lieu, la famille peut proposer une transmission à un enfant ou à un petit-enfant, en expliquant pourquoi cet objet compte. Il est important de ne pas présenter cette option comme une confiscation. Madeleine choisit, par exemple, d’emporter son fauteuil et de confier une armoire à son petit-fils, qui s’engage à lui envoyer une photo une fois le meuble installé. Ce geste transforme une séparation matérielle en continuité familiale.
Préparer les cartons indispensables et les documents
Un carton ou un sac de première nécessité doit rester accessible, identifié clairement et transporté séparément des biens ordinaires. Il peut contenir les médicaments habituels dans leur emballage, les lunettes, quelques vêtements, les produits d’hygiène, le téléphone et son chargeur, les clés ainsi que les coordonnées utiles. Les ordonnances et les documents de santé doivent rester à portée de main, sans être dispersés dans plusieurs cartons. Le proche peut aussi préparer une petite réserve d’eau et de quoi manger si le trajet ou l’installation s’allonge.
Les papiers administratifs, contrats, pièces d’identité et dossiers médicaux nécessitent une attention particulière. Une pochette distincte, gardée par la personne ou un proche désigné, réduit le risque de perte. Des conseils sur la manière de transporter les documents importants en sécurité peuvent compléter cette organisation. Il faut également vérifier les changements d’adresse et les rendez-vous à maintenir, sans laisser ces formalités au milieu des cartons ordinaires.
Repérer les contraintes d’accès avant le jour du déménagement
Le volume des meubles, l’étage, la présence d’un ascenseur, la largeur des escaliers et les possibilités de stationnement influencent le transport. Une armoire ancienne peut ne pas passer dans un couloir, même si elle entrait autrefois dans le logement. Il faut donc mesurer les passages aux deux adresses et signaler les contraintes aux déménageurs. Des précisions sur les difficultés d’accès à examiner en amont sont disponibles dans ce guide consacré à l’accès au logement avant le transport.
Dans un immeuble sans ascenseur, porter soi-même des charges lourdes peut exposer la personne âgée et ses proches à des blessures. Un professionnel peut protéger les meubles, organiser le chargement et le déchargement, puis remonter les éléments nécessaires. Si un monte-meuble est envisagé, il faut vérifier la configuration de la rue et les autorisations locales requises. La comparaison des devis doit inclure les prestations réellement utiles, les conditions d’accès et les éventuels frais supplémentaires, pas seulement le prix affiché.
Le choix d’un prestataire se fait après avoir décrit clairement la situation : étage, accès, objets fragiles, meubles lourds et besoin éventuel d’installation. Demander une estimation détaillée et faire confirmer les responsabilités en cas de dommage limite les malentendus. Une famille peut garder les tâches légères — préparer les étiquettes, trier les papiers ou accompagner la personne — et confier le portage aux professionnels. La logistique est mieux maîtrisée lorsque chacun sait précisément ce qu’il doit faire.
Accompagner le jour du déménagement et sécuriser l’installation
Le jour du départ peut être éprouvant parce qu’il rend le changement concret. Le logement se vide, les habitudes sont interrompues et les allées et venues peuvent être déroutantes. Pour limiter l’anxiété, un proche devrait expliquer simplement le déroulement prévu : à quelle heure l’équipe arrive, quand la personne part, comment se passe le trajet et qui l’accueillera. Les changements de programme doivent être annoncés sans dramatiser, avec des explications compréhensibles.
Si la personne est fatiguée par le bruit ou l’activité, elle peut attendre dans un endroit calme, chez un membre de la famille ou dans une pièce déjà dégagée, selon sa situation. Il faut veiller à ce qu’elle ne tente pas de porter des cartons ou de circuler au milieu des meubles déplacés. Le proche qui reste à ses côtés peut répondre aux questions et rappeler les étapes, sans promettre que toute l’installation sera terminée immédiatement.
Garder une présence rassurante et respecter les émotions
Un moment de tristesse ne signifie pas nécessairement que la décision est mauvaise. Il peut simplement exprimer l’attachement au lieu quitté ou la fatigue d’une journée dense. Écouter sans contredire permet à la personne de dire ce qui lui manque. Une phrase telle que « Vous avez beaucoup de souvenirs ici, nous allons prendre le temps de vous installer » reconnaît l’émotion sans la minimiser.
Il est également important de préserver autant que possible les habitudes : horaires de repas, médicaments, temps de repos ou appel quotidien à un proche. Le transport peut être planifié de façon à éviter une longue attente, surtout si la personne a des besoins médicaux ou de mobilité. Les proches peuvent vérifier que les médicaments essentiels, les lunettes et le téléphone restent disponibles jusqu’à l’arrivée. La journée sera rarement parfaite, mais une présence stable aide à en réduire l’incertitude.
Installer d’abord les éléments essentiels
À l’arrivée, la priorité est de rendre le logement immédiatement fonctionnel et sûr. Le lit, les sanitaires, l’éclairage, les vêtements et les objets de première nécessité doivent être accessibles avant de déballer les cartons décoratifs. Les passages doivent rester dégagés, les câbles ne pas traverser les zones de circulation et les objets utilisés chaque jour être placés à une hauteur facile à atteindre. Une installation graduelle vaut mieux qu’un aménagement précipité qui créerait de nouveaux obstacles.
Les meubles familiers peuvent être disposés de manière à rappeler l’organisation précédente, tout en tenant compte des besoins actuels. Si la personne se levait habituellement avec une table de chevet à portée de main, retrouver cette disposition peut être rassurant. Une lampe adaptée, un fauteuil stable et des photos visibles contribuent à donner une identité au lieu. Il faut toutefois vérifier que ces éléments ne gênent pas les déplacements, surtout si une canne ou un déambulateur est utilisé.
Un contrôle pièce par pièce permet de repérer les risques : tapis qui glissent, seuils difficiles, éclairage insuffisant ou objets rangés trop haut. Des ajustements simples peuvent être réalisés immédiatement, tandis que les travaux plus importants seront examinés avec les professionnels compétents. L’adaptation au nouveau logement ne signifie pas seulement rendre les lieux accessibles ; elle consiste à faire correspondre l’espace aux gestes, aux habitudes et aux capacités de la personne.
Prévoir une aide adaptée au transport
La famille n’a pas toujours le temps, l’équipement ou la capacité physique nécessaires pour transporter des meubles. Confier les opérations lourdes à une entreprise spécialisée peut réduire les efforts et les risques de chute ou de blessure. Pour sélectionner un prestataire, il est utile de vérifier la description des services, la protection des objets fragiles, les conditions d’assurance et la façon dont les meubles seront installés. Le devis doit préciser les prestations convenues et les contraintes signalées.
Les proches gardent un rôle essentiel même lorsque des professionnels interviennent : transmettre les consignes, identifier les cartons importants et rester auprès du parent. Il est possible de préparer un plan sommaire des pièces afin que l’équipe place les meubles au bon endroit dès son arrivée. Cela évite de devoir déplacer plusieurs fois un meuble lourd et permet à la personne de commencer à reconnaître son nouvel environnement.
Pour les objets volumineux, mieux vaut ne pas improviser une manœuvre dans un escalier ou une fenêtre. Une solution comme le monte-meuble doit être évaluée par les professionnels en fonction de l’accès, du mobilier et des règles de la commune. Une organisation prudente protège à la fois les biens, les parties communes et les personnes présentes. Ce qui compte le jour J, c’est moins la vitesse que la sécurité et la clarté des rôles.
Favoriser l’adaptation au nouveau logement et préserver le bien-être
Le déménagement ne s’achève pas lorsque le dernier meuble est déposé. Les premiers jours servent à retrouver des habitudes et à apprivoiser les lieux. Une personne peut se sentir désorientée même si le logement est confortable, car les bruits, les trajets et les repères visuels ont changé. Il est utile de ne pas remplir l’agenda de visites et de démarches immédiatement : des temps calmes permettent de se reposer et d’explorer progressivement les pièces.
Le bien-être des personnes âgées dépend aussi de la continuité des relations et des activités. Les proches peuvent conserver les appels habituels, prévoir des visites régulières et aider à découvrir les commerces ou les espaces communs. Il ne s’agit pas de tout faire à la place du parent, mais de rendre les premières sorties moins intimidantes. Une courte promenade accompagnée peut suffire à repérer la boulangerie, le banc le plus proche ou le chemin vers un arrêt de transport.
Recréer des repères sans imposer un rythme
Les objets familiers peuvent être installés en priorité : calendrier, photos, livres, fauteuil ou petite décoration. La personne peut choisir elle-même où placer ces éléments et décider de l’ordre de déballage des affaires moins urgentes. Un calendrier visible, les numéros des proches à portée de main et une organisation claire des médicaments peuvent aussi faciliter les premiers jours, avec l’avis des professionnels de santé lorsque cela est nécessaire.
Pour Madeleine, le premier soir est plus simple parce que son fauteuil et sa lampe sont déjà installés près de la fenêtre. Le lendemain, sa fille l’accompagne jusqu’à la boîte aux lettres et au commerce du quartier. Elles répètent le trajet quelques fois, puis Madeleine commence à le faire à son rythme. Cette progression concrète renforce la confiance : l’adaptation se construit dans les gestes ordinaires, pas seulement dans le déballage des cartons.
Il faut également surveiller les signes de mal-être ou de difficulté persistante : refus de sortir, troubles du sommeil, anxiété importante, confusion nouvelle ou baisse de l’appétit. Ces changements peuvent avoir plusieurs causes et méritent d’être discutés avec le médecin, plutôt que d’être attribués automatiquement au déménagement. Un suivi précoce permet de rechercher une réponse adaptée, qu’il s’agisse d’un soutien médical, social ou familial.
Maintenir les liens sociaux et réévaluer les besoins
Se rapprocher de la famille peut réduire l’isolement, mais la proximité géographique ne garantit pas à elle seule une vie sociale satisfaisante. Il est utile de découvrir les associations, les activités de la résidence, les accueils de jour ou les lieux de rencontre accessibles. La personne doit pouvoir choisir ce qui l’intéresse. Une activité familière — jardinage, lecture, jeux ou promenade — peut faciliter les premiers échanges dans le nouvel environnement.
Les besoins évoluent avec le temps. Une solution adaptée au moment du déménagement peut nécessiter des ajustements si la mobilité change ou si la présence requise devient plus importante. La famille peut faire un point après les premières semaines : les déplacements sont-ils simples, les aides arrivent-elles aux horaires convenus, le logement est-il suffisamment sûr et la personne se sent-elle moins isolée ? Cette discussion ne vise pas à remettre systématiquement en cause le choix, mais à corriger ce qui ne fonctionne pas.
Le soutien des aidants compte également dans la durée. Si un proche organise les rendez-vous, les repas et les visites, il doit pouvoir partager les tâches et demander conseil. Les services sociaux, le CCAS, le conseil départemental ou les professionnels de santé peuvent aider à identifier les interlocuteurs utiles. Des solutions de répit peuvent être étudiées selon la situation, afin que l’accompagnement familial reste soutenable et ne repose pas sur une seule personne.
Faire évoluer l’accompagnement selon la situation
Si les besoins augmentent, plusieurs leviers peuvent être réexaminés : aide à domicile, adaptation supplémentaire du logement, téléassistance, accueil de jour ou changement de solution résidentielle. Une réévaluation avec les professionnels permet de distinguer ce qui relève d’un ajustement pratique d’une évolution plus profonde de l’autonomie. Il n’existe pas d’âge unique auquel il faudrait quitter son domicile ; la pertinence d’un changement dépend de la sécurité, des souhaits de la personne et de la capacité à organiser l’aide.
La personne conserve une place centrale dans les décisions tant qu’elle peut exprimer ses choix. Si ses facultés de décision sont fortement altérées, les proches doivent se renseigner sur les cadres de protection juridique applicables et solliciter un avis professionnel, plutôt que de présumer qu’ils peuvent décider seuls. Cette vigilance protège les droits du parent tout en permettant à la famille d’agir lorsqu’une situation le nécessite.
Un changement de logement préparé avec patience ne supprime pas toute émotion, mais il peut éviter que le départ soit vécu comme une rupture brutale. L’écoute, les repères familiers, les aides adaptées et le suivi après l’installation donnent à la personne davantage de prise sur son quotidien. La qualité de la transition se mesure finalement à la possibilité de se sentir en sécurité, entouré et acteur de sa nouvelle vie.
Quand faut-il envisager un changement de logement pour un proche âgé ?
Il n’existe pas d’âge précis. Il faut réexaminer la situation lorsque le logement compromet la sécurité, que les besoins d’aide augmentent ou que l’isolement et l’épuisement des aidants deviennent difficiles à gérer. Un échange avec le médecin et les services locaux aide à comparer les options.
Comment faire participer un parent âgé au tri des affaires ?
Procédez par petites séances, pièce par pièce, et laissez la personne décider autant que possible. Distinguez les objets à emporter, à transmettre, à donner ou à stocker temporairement. Expliquez les contraintes de place sans minimiser la valeur affective des souvenirs.
Quelles aides peut-on demander pour accompagner une perte d’autonomie ?
Selon la situation, l’APA, des aides à l’adaptation du logement, des soutiens des collectivités ou des caisses de retraite, et certains dispositifs fiscaux peuvent être étudiés. Les conditions dépendent notamment du niveau d’autonomie et des ressources. Le CCAS, le conseil départemental ou un service social peut orienter la famille.
Que faut-il préparer pour le jour du déménagement ?
Gardez séparément les médicaments, les lunettes, les documents importants, le téléphone et son chargeur, les clés, quelques vêtements et les produits d’hygiène. Prévoyez aussi un proche présent auprès de la personne et transmettez aux déménageurs les informations sur les accès et les meubles prioritaires.
Comment faciliter l’adaptation au nouveau logement ?
Installez d’abord le lit, les objets essentiels et quelques repères familiers. Maintenez les routines et les contacts, puis découvrez progressivement le quartier avec la personne. Vérifiez les risques de chute et réévaluez les aides si des difficultés persistent.



